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2016 Année de GALILEO

Depuis mon premier billet sur GALILEO fin 2011 (¹), l’Europe de l’espace a fortement progressé. Malgré les aléas économiques et nombreuses restrictions budgétaires, le cap et le calendrier ont été maintenus grâce à une volonté politique communautaire sans faille. Cela vaut d’être salué car bien d’autres domaines de l’action européenne n’en ont pas eu la primeur.

L’année 2016 a déjà été surnommée « L’Année de GALILEO ». Ce fut le message clair du Sommet de la Navigation par Satellite de Munich (²) début mars. Le sommet de Munich couvrait tous les systèmes GNSS, mais l’accent cette année était carrément sur GALILEO.

L’année de GALILEO

Il est juste de dire que, contre vents et marées, nous verrons Galileo Initial Services (³) faire ses débuts en Octobre 2016. Des représentants de toutes les parties à l’initiative de GALILEO – la Commission européenne, l’ESA et la GSA – ont souligné l’importance d’obtenir les premiers services mis en place.

12 satellites actuellement en orbite (malgré un définitivement détruit et deux dans des orbites non optimales) seront suffisants pour fournir les services initiaux, et cela ne dépendra d’aucun des six satellites supplémentaires qui seront lancés au cours de 2016. Des tests approfondis du système auront lieu au cours du printemps et de l’été afin de s’assurer que tout sera prêt.

Pierre Delsaux, de la Commission européenne, a remercié Jan Woerner pour le remaniement du calendrier de lancement de l’ESA permettant le lancement supplémentaire de Soyouz pour deux satellites GALILEO en mai et une couverture mondiale prévue en 2020. Il a également souligné la nécessité de montrer la valeur ajoutée pour les contribuables de l’UE et de libérer les services basés sur l’espace, pour de nouvelles applications et des emplois pour les citoyens du monde. Il a également été confirmé que les lancements de GALILEO étaient désormais assurés.

Carlo des Dorides, directeur exécutif de la GSA, était également optimiste. Il a ajouté que la GSA est en train de prendre toute sa place dans le monde du GNSS. Il a insisté sur ce que GALILEO apportera à l’internet des objets (IoT – Internet of Things), et à l’infrastructure numérique en général, et a mis l’accent sur la meilleure précision et la disponibilité du GNSS européen, en particulier dans les environnements canyon-urbains, ainsi que son projet de signal ouvert authentifié. « La révolution (de GALILEO) est un rendez-vous qui ne peut pas manquer de réussir dans l’infrastructure numérique », a-t-il conclu.

Paul Flament, chef d’unité Gestion du Programme GALILEO et EGNOS à la Commission européenne, a parlé du nouvel appel d’offres pour les huit autres satellites qui a été émis par la Commission. Cela va procurer les quatre satellites supplémentaires désormais nécessaires pour atteindre une constellation de 30 satellites et quatre de secours. Le soumissionnaire retenu pourrait être connu dès septembre et sans aucun doute d’ici la fin de cette année.

Le concours GSA pour sélectionner l’opérateur des services Galileo sera également connu d’ici la fin 2016. Une consultation sur les ressources nécessaires pour la deuxième génération des satellites GALILEO FOC (Full Operational Capability) au-delà de 2020, peut-être avec un accent sur la réduction des coûts, ouvrira dans le courant de cette année.

Aussi l’année des drones ?

Le secteur des véhicules aériens sans pilote (UAV pour Unmanned Aerial Vehicle) est un secteur GNSS-intégré dynamique à l’échelle mondiale, et l’Europe ne fait pas exception. En janvier 2016, quelques semaines avant le sommet de Munich, un événement sur les drones s’est tenu à l’Académie Royale Militaire de Bruxelles. L’objectif de cette réunion de deux jours portait sur les petits avions téléguidés (RPAS) commerciaux et de loisirs qui viennent rapidement peupler l’espace aérien européen. Cette conférence a été organisée par UVS International dont le président, Peter van Blyenburgh, est un fervent et passionné défenseur de la communauté civile des acteurs RPAS en Europe.

À l’heure actuelle, il n’y a pas de législation européenne qui régisse leur utilisation en conjonction avec l’aviation générale et, typiquement, les législations nationales varient selon les Etats membres. Les législateurs cherchent à rattraper le retard. D’après les discussions en atelier, il apparaît clair, selon van Blyenburgh, que les organismes de normalisation internationales, européennes et nationales, ne coordonnent pas leur travail et que par conséquent on observe une importante redondance et un gaspillage d’efforts. Toutefois, il a été décidé qu’un groupe de travail unique serait mis en place pour s’atteler au travail des normes pour toutes les tailles de RPAS et que les conclusions de ce groupe devraient être finalisées d’ici mi-juin 2016.

Enfin, on peut se réjouir des concours GALILEO et Copernicus Masters 2016 qui vont être lancés en Europe (). Ces concours annuels de haut niveau doivent mettre en valeur quelques-unes des meilleures applications et idées nouvelles pour le GNSS et l’observation de la Terre en Europe, et dans le monde.

Cette année 2016 sera donc belle et bien l’année GALILEO.

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(¹) Galileo, c’est parti
(²) Source : http://gpsworld.com/europe-enters-the-year-of-galileo/
(³) Open Service (signal gratuit pour tous), Public Regulated Service (signaux encryptés à usage restreint) et Search and Rescue Service (intégration au système COSPAT-SARSAT).
() Remotely Piloted Aircraft Systems (systèmes d’avions pilotés à distance).
() http://www.esnc.info/
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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

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