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Disparition des cartes marines papier, révolution ou évolution inéluctable ?

Dans son bulletin d’information du 22 octobre 2013, l’Office of Coast Survey, département du NOAA (*) en charge de la production des cartes marines des U.S.A., annonce l’arrêt de l’impression des cartes papier. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe dans le milieu maritime américain et la presse spécialisée s’en est faite largement l’écho.

Les cartes vectorielles du NOAA sur un iPad

Le NOAA avertit qu’il n’y aura plus d’impression des cartes papier après le 13 Avril 2014. D’autres entreprises pourront toujours imprimer les cartes, mais leur prix ne sera plus fixé par le gouvernement américain. Le NOAA explique que la décision d’arrêter la production est basée sur plusieurs facteurs : la baisse de la demande pour les cartes papier, l’utilisation croissante des cartes numériques et électroniques, et les réalités budgétaires du gouvernement fédéral.

« Avec la fin des cartes papier traditionnelles, notre principale préoccupation continue d’être assurés que les plaisanciers, les bateaux de pêche et les marins au commerce aient accès aux cartes marines les plus précises, mises à jour dans un format qui fonctionne bien pour eux »

a déclaré le capitaine Shep Smith, chef de la division des cartes marines de l’O.C.S.

« Heureusement, les progrès de l’informatique et des technologies mobiles nous donnent beaucoup plus d’options que ce qui était possible il y a quelques années. »

On assiste donc, de la part du plus important organisme mondial de cartographie maritime, à une décision dont la raison économique ne fait aucun doute. Serait-ce au détriment de la sécurité maritime, qui voudrait que la plus élémentaire des précautions soit de ne pas compter uniquement sur l’électronique pour la navigation ? La question est certes discutable concernant les marines professionnelles pour lesquelles les pannes générales d’électricité ou d’électronique sont extrêmement peu probables. Mais pour ce qui concerne la navigation de plaisance, surtout à la voile, la réponse me semble affirmative. Quel navigateur prudent n’embarquerait pas avec lui le minimum de cartes papier en cas de défection de ses instruments électroniques ?

Il est à craindre que la tentation soit grande, pour nos services hydrographiques européens, et plus particulièrement le SHOM (*), de profiter de cette opportunité pour emboiter le pas des américains en arguant des impératives restrictions budgétaires imposées par cette « crise » dont j’entends parler depuis… 1974 !


(*) Voir la définition dans le Glossaire.

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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

2 Commentaires

  1. Moi, mais je n’ai jamais dit que j’étais prudent.

  2. Pour la petite plaisance, ça ne me choque pas …
    Pour une transat un jeu de cartes papiers devrait rester obligatoire .