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GALILEO et les mobiles Apple

A moins d’un mois du lancement par Ariane 5 de quatre nouveaux satellites portant la constellation GALILEO à 18 satellites, les fabricants de composants de localisation ont déjà présenté leurs nouvelles puces de localisation supportant le GNSS européen. Cela a permis à la société espagnole BQ de proposer début septembre le premier smartphone « Galileo-ready », équipé du processeur Qualcomm Snapdragon 652, l’Aquarius X5 Plus.

On aurait pu s’attendre à retrouver la même puce dans l’iPhone 7 d’Apple, qui équipait depuis l’iPhone 4S et l’iPad 3 tous ses appareils mobiles avec des processeurs de communication Qualcomm, intégrant réception  GPS (US) et GLONASS (Russe), il n’en est rien. Avec ce dernier smartphone, Apple renoue avec Broadcom, écarté depuis 2012 pour assurer ces fonctions, en intégrant une puce BCM47734.

bcm47734

Source Chipworks

Broadcom revient à bord

Dans les spécifications de localisation de l’iPhone 7 Apple mentionne seulement GPS et GLONASS. Passé le moment de déception, on peut s’interroger sur cette – mystérieuse – puce BCM47734, qui semble spécifique à l’iPhone 7. En effet, sur son site web (¹), Broadcom présente la puce BCM4774, successeur de la BCM4773 :

La puce BCM4774 Sensor Hub intègre un récepteur GNSS avec une fonction de concentrateur de capteurs de deuxième génération sur une puce unique. Il prend en charge simultanément Galileo, GPS, GLONASS, SBAS, QZSS et Beidou […]
– Support du système satellitaire Européen Galileo combiné au support simultané de six différents systèmes satellitaires.
– Jusqu’à 95 pour cent d’économie d’énergie par rapport aux récepteurs GNSS standards et systèmes Sensor Hub.
– 30 pour cent de réduction de la surface de la carte en intégrant le récepteur GNSS et le concentrateur de capteurs.
– optimisations matérielles augmentent encore l’économie d’énergie
– positionnement Wi-Fi intégré à la puce en utilisant un protocole de communication par connexion directe à la famille des puces combo de connectivité Broadcom.

Cependant Apple a annoncé que le processeur A10 comprenait son propre concentrateur de capteurs (Sensor Hub), de sorte que si le BCM47734 possède également un concentrateur de capteurs, on peut supposer qu’il soit désactivé, ou simplement inutilisé, dans l’iPhone 7.

Serait-il permis de penser que le support de GALILEO soit activable par une mise à jour du système iOS ? Ou bien Apple considère-t-il que cette fonction soit prématurée, et réservée à un futur successeur de l’iPhone 7, ou un futur iPad ? La question est sans réponse à ce jour.

GALILEO c’est demain

Avec 18 satellites les services initiaux devraient être ouverts avant la fin de cette année (²) :

  • Search and Rescue (SAR) Intégration au système Medium Earth Orbit Search and Rescue (MEOSAR) contributeur clé du service international de recherche et de sauvetage COSPAT-SARSAT.
  • Public Regulated Service (PRS) Signaux encryptés à usage restreint destinés aux industries stratégiques et aux missions de service public. Fiabilisés et sécurisés grâce à des mécanismes antibrouillage et des systèmes de détection d’anomalies.
  • Open Service (OS) Service gratuit et libre d’accès, destiné au grand public, offrant une précision de positionnement au mètre. Ce service concernera la navigation automobile, terrestre et maritime, et le positionnement sur les appareils mobiles (smartphones, tablettes, etc).

La constellation complète avant fin 2020 apportera les services commerciaux par abonnements qui devraient constituer l’essentiel des ressources du système.

GALILEO aujourd’hui

Les satellites actuellement en service, opérationnels ou en phase de test, sont désormais visibles par les récepteurs. Les satellites notés “F” dans le tableau ci-dessous transmettent déjà des signaux de navigation valides.

galileo_chartL’application pour iPhone GNSS View permet de voir en temps réel les constellations de tous les réseaux envoyant un signal, dont GALILEO, ensemble ou séparément. On y voit également les SBAS (³).

Il serait dommage de devoir attendre un éventuel iPhone 7S ou iPad Pro 2 d’ici un an pour utiliser le réseau européen. Rappelons qu’il fut un temps, heureusement révolu, où l’administration américaine avait mis de nombreux bâtons dans les roues du projet GALILEO.

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(¹) Galileo, the point of view of a chip manufacturer
(²) Sources : GSA
(³) SBAS = Satellite Based Augmentation System. Voir le Glossaire.
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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

4 Commentaires

  1. Merci pour cette veille technologique bien utile.

  2. 1 mètre de précision dans le positionnement GPS, c’est super. Encore faut il être capable d’en tirer profit. N’oublions pas que la plupart des cartes marines sont référencées par rapport à la géosphère WGS84, et que ces cartes ont été levées bien avant l’apparition du GPS. Ces cartes ont donc été retouchées pour “correspondre” à la géosphère WGS84. Sur une carte au 1/40000, le géographe doit tracer son trait avec une précision de positionnement de +/-1mm. 1mm à l’echelle 1/40000, c’est 40 mètres…
    Pour l’alarme de mouillage, je peux comprendre à la rigueur le besoin du 1 mètre de précision, mais pour l’exploitation de cartographie, c’est parfaitement inutile.

  3. Bonjour,
    Merci pour ces précisions sur Gallileo, dont nous disposerons sur nos futures tablettes.
    Pour l’utilisation d’un point au mètre prêt ( voir au cm ) il ne faut pas oublier que nous avec nos bateaux ne sommes la cible marketing visée par toutes ces constellations de satellites. Les voitures sans chauffeurs, les livraisons par drones et autres nouveaux services ont besoin de cette précison. Les gnss de nos voitures ne savent pas si on est sur la voie de gauche ou droire de l’autoroute ou pire sur la nationale parallele, le logiciel embarqué nous positionne à droite car il sait qu’on est en France, pas chez nos amis Anglais.