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Le blog

Les fabricants d’électronique de marine et le phénomène tablette

Quelques jours avant l’ouverture du Nautic de Paris où, je le rappelle, je serai présent sur le stand iTabNav (Hall 2.1 – D31), un tour d’horizon s’impose. Et justement, dans notre horizon immédiat nous aurons, comme chaque année, la proximité des fabricants d’électronique de marine et de leurs représentants.

Lors de la précédente édition du salon nautique, j’avais pu constater la frilosité – pour ne pas dire l’hostilité – des fabricants à l’égard du phénomène croissant des tablettes et autres smartphones sur le marché de la navigation. A force de promouvoir ces appareils et leurs applications, je ne me suis probablement pas fait que des amis dans ce milieu. Cependant, la forte pression des acheteurs de bateaux, et donc d’électronique de navigation, a contraint lesdits fabricants à intégrer un minimum d’interactivité entre leur propre matériel et les appareils mobiles possédés désormais par une majorité de navigateurs.

Ce qui m’incite à faire un rapide point sur l’état des applications fournies et l’avancée des fonctions proposées.

Le premier constat concerne l’intégration d’un point d’accès WiFi sur pratiquement tous les modèles récents de traceurs et d’afficheurs multi-fonctions. Cela permet ainsi aux smartphones et tablettes de se connecter à ces appareils, soit pour un affichage déporté, soit mieux pour des fonctions de contrôle à distance. Voyons cela en détail. Pour ne froisser personne les marques sont présentées dans l’ordre alphabétique.

FURUNO

NavNet-Remote / NavNet-Viewer (iOS / Android)

NavNet-Viewer affiche sur tous les appareils mobiles une image déportée des écrans de la série TZtouch et NavNet-Remote permet en plus aux tablettes le contrôle à distance de ces afficheurs multifonctions. Utilisé avec un smartphone ou un iPhone/iPod Touch, NavNet-Remote fonctionne uniquement en mode Viewer. Les appareils multifonctions TZtouch équipés d’un firmware version TZT9/14 ou supérieur permettent la connexion jusqu’à 5 mobiles simultanés au point d’accès WiFi.

Dernières versions au 22/11/2014 :
Version : 1.0.5 (iOS) Mise à jour : 25 janvier 2013
Version : 1.0.5.8 (Android) Mise à jour : 2 septembre 2014
Langues : Anglais, Japonais
Éditeur : FURUNO ELECTRIC CO. LTD.

GARMIN

Garmin Helm (iOS / Android)

Cette application permet de visualiser et de contrôler un traceur Garmin compatible à partir d’un iPhone, d’un iPad, d’un smartphone ou d’une tablette Android. Compatible avec les traceurs GPSMAP® 527, 721, 820, 1020, série 74xx, et MFDs série 8000, avec Wi-Fi intégré de Garmin. Lors du couplage avec un traceur GPSMAP série 8000, l’utilisation d’un adaptateur Wi-Fi Garmin Marine est requise.
Fonctionnalités :

  • Affichage et contrôle des informations du traceur
  • Amélioration de la visibilité de la situation
  • Intégration transparente avec SmartMode™ pour regrouper les miniatures du traceur par station lors de l’utilisation d’un système GPSMAP 8000 Glass Helm
  • Basculement facile d’un traceur à un autre à l’aide de l’aperçu par vignettes miniatures
  • Permet de connecter jusqu’à 5 appareils simultanément et d’en définir le niveau d’autorisation

Dernières versions au 22/11/2014 :
Version : 1.2.0 (iOS/Android) Mise à jour : 30 juin 2014
Langues : Français, Allemand, Espagnol, Italien, Portugais
Éditeur : Garmin International

NAVICO (B&G / Simrad / Lowrance)

GoFree (iOS / Android)

Une même application pour les trois marques d’instruments de marine appartenant à Navico. Egalement les mêmes fonctions. GoFree Controller & Viewer permet de connecter les mobiles aux écrans des afficheurs multifonctions compatibles de la société. Les smartphones fonctionnent comme simple répétiteur d’écran déporté, les tablettes permettent en plus de prendre le contrôle de l’affichage multifonction pour effectuer différentes actions, y compris la saisie des waypoints, le réglage des paramètres de radar et même contrôler Sonic Hub audio directement depuis la tablette. Cependant l’application ne permet pas le contrôle du pilote automatique.

Le point d’accès WIFI-1 doit être intégré au réseau de chaque marque pour activer la connexion WiFi. Les appareils compatibles sont :

  • B&G – Zeus Touch. Zeus2 W (iOS only).
  • Simrad – NSS7, NSS8, NSS12, NSO evo2. NSS7 evo2, NSS9 evo2, NSS12 evo2, NSS16 evo2 (iOS only).
  • Lowrance – HDS Gen2 Touch, HDS Gen2 (view mode only).

Les appareils Simrad doivent être pourvus des firmwares les plus récents NSS software V.2.5.42.77 et sup.

Dernières versions au 22/11/2014 :
Version : 2.1 (iOS) Mise à jour : 29 mai 2014
Version : 1.3 (Android) Mise à jour : 8 novembre 2013
Langue : Anglais
Éditeur : Navico Auckland Ltd

[MAJ du 28 novembre 2014] Navico a annoncé au METS à Amsterdam que les plus récents MFDs (evo2 Simrad NSO, NSS evo2, B&G Zeus2 et Lowrance HDS Gen2 tactile) recevront une mise à jour logicielle en janvier prochain qui permettra aux utilisateurs d’acheter de nouvelles cartes et de faire les mises à jour de logiciel directement depuis leurs appareils via InternetGoFree deviendra un service dans le nuage, GoFree Shop, accessible aux appareils multifonctions de la génération actuelle pour  acheter les propres cartes de Navico et également celles des partenaires qui participeront au programme.

NKE

nke Display (iOS / Android) nke Display pro (iOS)

nke display permet d’afficher la totalité des informations d’une centrale de navigation à partir d’une interface NMEA connectée en WiFi, et fonctionne aussi bien sur smartphone que sur tablette. Avec cette application dédiée à la régate et à la croisière, l’appareil mobile devient un répétiteur proposant 8 pages prédéfinies affichant les données. Par défaut, les paramètres de communication WIFI sont préenregistrés pour fonctionner avec l’interface nke. Cependant, l’utilisateur pourra les modifier pour fonctionner avec d’autres interfaces NMEA/WIFI. Des sources préprogrammées évitent de configurer la liaison WIFI de l’iPhone. Plusieurs réglages concernant l’affichage permettent de personnaliser l’application (choix des unités, thèmes d’affichage, etc).

nke display pro (iPhone / iPad) permet non seulement de visualiser toutes les informations du bateau, mais aussi de commander l’installation et d’envoyer des ordres au pilote automatique. L’application se connecte au bateau grâce au réseau WiFi du bord. La box WiFi nke permet à l’application d’avoir une communication bidirectionnelle et donc d’envoyer des commandes sur le bus Topline, pour commander le pilote par exemple. Les fonctions avancées telles que la commande Multifonction et Pilote nécessitent que l’application soit connectée à une box WiFi nke à jour.

En fonctionnant de pair avec la box WiFi nke, on peut faire un diagnostic des instruments présents sur le bus Topline et vérifier si le logiciel des instruments est bien à jour. On peut personnaliser les écrans en sélectionnant les données à afficher. nke Display Pro est une application universelle, c’est-à-dire qu’elle fonctionne sur iPad et iPhone avec une interface dédiée. Grâce à la synchronisation iCloud, les préférences et achats intégrés sont partagés sur tous les appareils.

Dernières versions au 22/11/2014 :
nke display
Version : 1.1 (iOS) Mise à jour : 18 octobre 2012
Version : 1.0.1 (Android) Mise à jour : 5 juin 2013
nke display pro
Version : 1.1 (iOS) Mise à jour : 8 sept. 2014
Langues : Français, Anglais
Éditeur : NKE Marine Electronics

RAYMARINE

RayControl (iOS / Android)

RayControl permet de visualiser et de contrôler un afficheur multifonction Raymarine Série e ou Série C depuis une tablette ou un smartphone. RayControl émule les appareils multifonctions Raymarine avec une interaction de l’écran tactile et un clavier virtuel coulissant. Le clavier coulissant permet de contrôler toutes les fonctions de l’afficheur et l’uni-contrôleur virtuel permet de faire pivoter les menus et les réglages sans effort. Contrôle et affichage de la cartographie électronique, sonar, radar, et la vision thermique, même de nuit, à partir de la tablette. Le contrôle du pilote automatique n’est pas possible via un appareil mobile.

Pour utiliser cette application avec les Raymarine série C-series ou e-series, la version logicielle de ces appareils doit être mise à jour version 3.15 ou ultérieure. Appareils compatibles : e7, e7D, e95, e97, e125, e127, c95, c97, c125, c127.

Dernières versions au 22/11/2014 :
Version: 1.3 (iOS) Mise à jour : 15 janvier 2013
Version : 01.06 (Android) Mise à jour : 27 août 2013
Langue: Anglais
Editeur: Raymarine Belgium BVBA

Pour conclure

Comme on le voit dans ce rapide inventaire, les constructeurs se sont contentés de satisfaire aux demandes de leurs clients en créant une passerelle entre les appareils mobiles et leurs afficheurs multifonctions. Hormis le nke display qui peut être utilisé avec d’autres appareils que ceux de la marque, toutes les applications restent propriétaires, des « compagnons » uniquement dédiés aux instruments de chaque fabricant.

Il est curieux de constater que seuls Furuno et nke aient développé une fonction de contrôle du pilote automatique, fonction qui me semble pourtant majeure pour la sécurité car elle permet de faire éviter un obstacle au bateau de n’importe où à bord, depuis l’étrave, par exemple.

En positif, la généralisation du portage des applications dans les deux systèmes d’exploitation les plus répandus, iOS et Android, est une excellente chose pour les utilisateurs qui peuvent librement choisir les appareils mobiles qui leur conviennent.

Il me semble néanmoins que ces petits développements, faciles à réaliser, ne font que retarder une évolution inéluctable de l’électronique de marine vers plus de mobilité et d’universalité. Je fais le pari qu’avant cinq ans de nouveaux acteurs auront produit des « boites noires » sur lesquelles seront connectés les multiples capteurs (sonde, vitesse, vent, AIS, radar, caméras, etc) qui diffuseront leurs données sans fil. Avec une simple tablette dans son sac de mer, le navigateur pourra s’y connecter et ses applications multifonctions apporteront bien plus que les lourds et statiques MFDs actuels, la connectivité internet par les réseaux cellulaires et satellites, la météo, les informations de sécurité et portuaires, les consignes sur les zones protégées, les mouillages réglementés, et bien d’autres choses en plus de la cartographie, des calculs de routage, et j’en oublie. Tout cela existe déjà, mais encore très dispersé. Une fois unifiés tous ces services dans des applications ne coûtant que quelques dizaines d’euros (ou de dollars) installées sur des tablettes à usage universel dix fois moins chères que les multifonctions de marine actuels, quel sera le choix des plaisanciers ?

Je vous le laisse à deviner.

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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

12 Commentaires

  1. Encore une fois merci, pour ce blog dont je ne me lasse pas. Ce point sur l’actualité et l’évolution du matériel embarqué est très intéressant à la veille du Nautic. Pourtant la conclusion m’étonne:
    Voila quatre ans que je dispose d’une boite noire (routeur WiFi) qui alimente mon vieil Pad2 de toutes les informations de mes instruments (à part le radar). C’est d’ailleurs à cette époque en lisant ce blog que j’ai découvert les logiciels de nav sur tablette et en particulier iNavx qui combiné avec Weather 4D est devenu indispensable à mes navigations. Tant que les fournisseurs de matériel nautique persisteront à pratiquer des prix exorbitants pour des produits verrouillés, je pense que les plaisanciers les bouderont de plus en plus.

    • Quand je parle de “boite noire” je n’entends pas un simple routeur WiFi, mais une sorte de “super beacon” permettant à n’importe qui montant à bord d’un bateau (locataire, équipier, skipper, etc) muni d’un code, non seulement de recevoir sur son mobile toutes les données de navigation, mais aussi de télécharger des fichiers météo, par connexion WiFi, cellulaire ou satellite, recevoir des informations de navigation portuaires ou de sécurité, des infos touristiques, etc. En un mot, des “navigation beacon” intelligentes et auto-connectées à internet, auto-connectables en WiFi ou Bluetooth, permettant à n’importe qui d’embarquer sur n’importe quel bateau muni d’un mobile et d’une application appropriée sans avoir à se préoccuper du materiel électronique présent à bord. C’est aujourd’hui déjà parfaitement réalisable, à un coût extrêmement bas, ce qui explique que personne ne s’y soit attelé, surtout pas les acteurs traditionnels de la plaisance.

  2. Superbe. Un sincère grand merci pour ces billets toujours + intéressants les uns que les autres. Un vrai plaisir, merci.
    Plus globalement, et légèrement hors sujet (quoique), une chose m’interpelle et on n’en parle pas souvent : la consommation électrique globale.
    N’oublions pas que + ça consomme, + ça nécessite du poids en batterie et/ou en surface de panneaux solaire (ou autre).
    Imaginons tout une installation B&G (WiFi-1, Zeus2, deux afficheurs H5000, etc), tout savamment relié en NME2000 et disponible sur iPad à tout instant, ça consomme combien par rapport à une petite installation plus simple, plus ancienne, sans couleur, sans wifi (exemple: Simrad CP33 + 2 IS20 + AP16) ?
    L’apport de couleurs, d’inter-communication, de puissance de calculs, je me dis que ça fait obligatoirement perdre en autonomie (ou prendre en poids).
    Peut-on dire que toutes ces “smart” évolutions font gagner en confort mais perdre en vitesse/autonomie ? Ou est-ce que les technologies ayant évolué, ça consomme au contraire moins qu’avant et du coup ce gain en plus faible consommation a profité pour augmenter les fonctionnalités tout ayant une même autonomie qu’avant ?

    • Les plus énergivores sont les MFDs (Multifonction Displays) avec leurs rétro-éclairages puissants et leur technologie peu soucieuse d’économie. A bord de bateaux sur lesquels on installe aujourd’hui frigo, congélateur et four à micro-onde, pourquoi se soucier ? Par comparaison, combien consomment les tablettes ?

    • En réponse à votre réponse 😉 :
      Pour notre part, à bord pas de four à micro onde ni congélateur. Sans production d’électricité ni allumage du moteur, nous tablons sur une autonomie de 6 à 7 jours en navigation 24h/24 (avec 2 batteries 110Ah au gel).
      Sous réserve du budget, au vu du confort apporté c’est très tentant un ensemble B&G dont j’expliquais avant ET avec WiFi ET avec iPad, mais je me demande jusqu’à combien chuterait l’autonomie (ou à combien grimperait le nombre d’Ah consommés en 24 heures de nav hauturière).

  3. Autre question (sans aucun rapport avec mon précédent commentaire) :
    Lorsque vous dites que l’avenir sera sans aucun doute des “boites noires” qui recevront les informations des différents capteurs…
    Est-ce que ça signifie qu’à un horizon de 5-10 ans vous imaginez que les traceurs et afficheurs externes des grandes marques auront tous disparus pour être remplacés par un “iPad + iPhone” ?

    • Si ils ne s’adapent pas, oui ! A commencer par installer des systèmes d’exploitation ergonomiques comme Android, généraliser le tactile, baisser les prix exhorbitants pratiqués.

  4. Merci

  5. Bonjour,
    Merci pour cet état des lieux complet.
    Mais je ne partage pas tout à fait ton analyse sur l’avenir de l’électronique embarquée.
    S’il est certain que la tablette sera bientôt omniprésente à bord, à mon sens, elle sera toujours secondée par une électronique dédiée. Sans doute, cette dernière n’aura pas la même forme qu’aujourd’hui, avec des système d’exploitation courant, avec des liaisons sans fils entre les appareils qui pourront de ce fait être mobile.
    Aujourd’hui une tablette répond à tous les besoins du navigateur en terme de logiciels (carto, météo, info…). Mais elle reste mauvaise en terme de lisibilité en plein soleil, en terme de protection contre l’humidité et les chocs.
    En plus en mer l’écran tactile n’est pas la panacée. La saisie et la précision avec les mouvements du bateau (surtout en motonautisme) est souvent laborieuse. Les fabricants d’électronique marine l’ont bien compris en proposant des appareils mixte : tactile et clavier.
    Certes il reste la question du prix. Là-dessus la tablette+logiciels semblent imbattables. Une performance due en grande partie au volume des ventes.
    Moi je vois plus l’avenir comme une fusion du meilleur des deux mondes. Un peu à l’image du GPS portable Garmin Monterra qui tourne sous Android et accepte toutes les applications.

  6. Bonjour,
    J’utilise INavX sur mon Ipad2 depuis deux ans. Superbe application.
    Après une navigation cet automne dans la brume, j’ai choisi d’installer en secours la cartographie Navionics sur mon smartphone Androïd : La cartographie est identique que dans INavX, mais ô surprise, les courants (vitesse et cap) sont affichés sur la carte, ce qui est plutôt intéressant en Bretagne ! A quand la même chose sur INavx ?

    • Les courants affichés dans Navionics Marine/Boating sont plus qu’approximatifs, relevés sur les cartouches des cartes SHOM mais dépendants de calculs de marées issus du programme américain XTide basés sur des prédictions harmoniques imprécises.
      Les seules prédictions de courants fiables sont celles fournies par Weather4D, élaborées quatre fois par jour par l’organisme Européen MyOcean. Ces prédictions, distribuées sous forme de fichiers GRIB, associent courants de marées, courants océaniques, et courants de surfaces dus au vent.