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Navily facilite les escales en quelques taps

Ces dernières années, les startups françaises ont fleuri dans le monde de la navigation de plaisance. UniverSailSamboat, Hey Captain, Nauting, Dolink, ShareMySea, Boaterfly, SailSharing, BigSkipper, et j’en oublie certainement. Leur dénominateur commun est de faire appel au numérique pour mettre en oeuvre une idée qui entend apporter un service inédit aux plaisanciers. Combien survivront ? Difficile à dire, mais elles ont toutes le mérite de dépoussierer la plaisance de papa en s’adressant à la jeune génération des pratiquants des loisirs nautiques. Partage communautaire des infos, co-location, “bla-bla-boat”, autant de réponses à des attitudes nouvelles dans la pratique de la navigation de plaisance.

Parmi elles, une m’a particulièrement séduit, Navily. Une idée simple au demeurant : partage communautaire des informations sur les « bons » mouillages et réservations en ligne des escales de court terme dans les ports de plaisance, à partir d’une application sur smartphone (iOS, Android). Rien d’exceptionnel, me direz-vous. Mais attendez de voir l’emballage…

Ce qui fait la séduction de l’application, du côté utilisateur, est la simplicité de son interface. Elle montre une reflexion portée sur l’efficacité immédiate : une carte, des épingles différenciées (mouillages forains, organisés sur corps-morts, ports de plaisance), des descriptions textuelles simples illustrées par un carroussel de vues photographiques et des icônes informatives soignées.

Les ports

Pour les ports de plaisance, sont ajoutés les services portuaires disponibles, les labels de qualité, le cas échéant les horaires d’éclusage, des vues résumant les attraits touristiques du lieu, et bien entendu un bouton de réservation.

Le tarif journalier pour le bateau enregistré dans votre profil est affiché dès la première page. Le bouton « Envoyer une demande » conduit à la sélection d’une date dans les trois jours à venir et pour une durée maximum de trois nuits. Il s’agit donc bien de demandes d’escales de court terme, pour s’assurer d’une place disponible à l’arrivée, lors d’un trajet estival.

Les mouillages organisés ou forains

Le partage communautaire n’est pas nouveau dans la plaisance. Mis en oeuvre par Navionics dans son application « Boating » (¹), le leader mondial reste le réseau américain ActiveCaptain qui recense plusieurs dizaines de milliers de ports et de mouillages à travers le monde, une base de donnée alimentée en permanence par les navigateurs, mais pratiquement inconnue en France car uniquement rédigée en anglais. Ce qui laisse le champ libre à Navily.

Encore une fois la création d’un spot est simplissime. On pose une épingle sur la carte zoomée au maximum, une fenêtre permet de saisir les icônes de description du mouillage, un commentaire éventuel. On peut signaler une erreur pour un lieu déjà présent. Quand on croise pour la première fois le long d’une côte inconnue, il est bienvenu de pouvoir s’appuyer sur l’expérience des navigateurs passés avant soi, tout en restant prudent sur la qualité des informations saisies (nature des fonds, protection des vents dominants, facilités de débarquement, etc).

On pourra faire défiler les vues satellites des mouillages pour découvrir les lieux environnants et choisir les étapes suivantes. Tout est simple, convivial, rapide. Concernant l’interface, on peut seulement regretter de ne pas avoir le choix de n’afficher qu’un type de lieux à la fois (ports, mouillages organisés ou forains), et l’absence d’une liste des ports.

Ce que j’en pense

Beaucoup de bien, comme vous aurez pu le deviner. Mais l’application est jeune. Lancée en 2015 dans sa version 2, si elle revendique à ce jour près de 10.000 utilisateurs et 2.500 lieux de mouillage partagés, elle ne recense encore qu’une vingtaine de ports partenaires ayant souscrit au service de réservation à partir de l’application Navily Pro. Les créateurs ont donc encore un gros travail de démarchage à réaliser, car c’est là l’atout majeur de Navily. D’autant que peu de ports de plaisance a déjà mis en place les réservations en ligne. La majeure partie des ports de la Corse est équipée avec « Magelan eResa » de l’éditeur Octaedra, mais cela n’a pas empêché le port de Bonifacio d’utiliser Navily en parallèle.

Côté Atlantique, il y a tout à faire, car ni les ports de la Compagnie du Morbihan (CPM), ni les ports de Bretagne (APPB), encore moins les ports dispersés de la Manche et de l’Aquitaine, ne proposent un service de réservation d’escale en ligne. J’ai été agréablement surpris de voir dans Navily le port de Nantes (plus exactement le ponton du Belem) géré par la CCI, et mon port d’attache de St Vaast-La-Hougue. Je reste convaincu que le succès de cette application passera par le concept de sécurisation d’escale, plus que par le partage communautaire, aussi utile soit-il dans le contexte de la navigation de plaisance. En tout cas je dis bravo aux créateurs, et je leur souhaite bonne chance !

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(¹) Navionics Mobile et le partage communautaire
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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

6 Commentaires

  1. Intéressant comme application. Cela donnera peut-être, et espérons le, des idées à ActiveCaptain, car ici en Amérique du Nord ce sont eux qui sont les rois et maîtres. La quantité d’information sur ActiveCaptain est impressionnante, mais l’interface n’est pas très évoluée ce qui allonge concidérablement le temps nécessaire pour s’informer. Félicitation aux cousins français!

  2. I agree, this is a good start. Not everyone however has on line access while on the water, especially when you are going for foreign countries. As an example a weekend across the English channel. So, an off line version that would cache data for a specific area with text and light photos would be welcome.
    I think this is also what makes ActiveCaptain a so appealing.

  3. L’attribution des places pour une escale de courte durée est aujourd’hui régie par la règle “pas de réservation – premier arrivé = premier servi”. Il est évidemment très désagréable de devoir se presser pour ne pas arriver trop tard pour obtenir une place correcte. C’est aussi une règle qui garantit une certaine liberté de la plaisance.
    Un système de réservation sera néfaste à la longue, les plaisanciers pourraient être obligés de passer par des tour-opérateurs qui auront acheté les places en gros longtemps à l’avance.
    Les sites de réservation en ligne tel “Booking ” prélèvent une part non négligeable du chiffre d’affaire de l’hôtellerie , essayons qu’ils ne fassent pas de même sur les nuitées de plaisance.

    • C’est totalement impossible dans un système tel Navily (ou même Magelan eResa). Le navigateur devant créer un compte avec les caractéristiques de son propre bateau, et saisir ses identifiants bancaires en garantie de ses réservations. Votre inquiétude me semble infondée, fort heureusement.

  4. Ouais, je demande à voir … Objectivement Active Captain existe depuis longtemps, il n’y a qu’à le remplir en français, ça marche aussi, je l’ai fait, et puis à l’étranger l’anglais ? Tu as déjà essayé d’appeler le cargo qui va te rentrer dedans en français ? ZeroSix captain, ça marche comme ça. Autre avantage d’Active Captain c’est qu’il s’interface avec les apps de nav telle SEAIq par exemple, comme AyeTides, donc inutile d’avoir 150 000 références, tu ne sais plus qu’elle est la bonne.
    Quant à réserver à l’avance … Il n’y a pas si longtemps les ports était tenus de garder des places pour une nuit aux visiteurs, un certain nombre de places, je te l’accorde, mais la notion d’abri est encore … Un peu ? … Importante ?

    PS : et en plus tu donnes ton n° de téléphone, oui toi …

    • Demande donc à Mark combien il a d’utilisateurs actifs en France. Navily s’adresse d’abord à des navigateurs français.