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Navionics Marine toujours plus fort

Fort des 1 million d’applications vendues pour appareils mobiles, annoncé fin avril 2013, Navionics continue de proposer de nouvelles options toujours plus alléchantes. Cependant, le terme « alléchante » pourrait bien parfois rimer avec « déchante ».

La dernière option in-app disponible depuis le 15 août 2013 se nomme Navionics+. C’est la quatrième option payante que Navionics ajoute à ses applicarions Navionics Marine pour iPhone et iPad. De quoi s’agit-il ?

Navionics+

Navionics+ inclut SonarCharts™ ainsi que les mises à jour des cartes pendant 12 mois. Voyons cela.

SonarCharts

SonarCharts™, marque déposée de Navionics, est une nouvelle couche cartographique avec une bathymétrie haute définition présentant les détails des fonds marins. Voici comment Navionics présente ce module :

Avec SonarCharts™, Navionics est devenu la première entreprise mondiale à avoir introduit le crowd-sourcing (¹). La couche SonarCharts™ est constituée de données de plusieurs sources et son évolution dans le temps, avec l’intégration de nouveaux logs sonar provenant de la communauté nautique et de la pêche, est en train de révolutionner la cartographie. C’est simple et pratique pour tout le monde d’enregistrer ses logs sonar et de les charger sur navionics.com. […] Grâce aux données de crowd-sourcing en temps réel, Navionics peut fournir les nouvelles cartes mises à jour pour presque toutes les zones pour les cartographies Navionics ayant SonarCharts. SonarCharts™ a une valeur exceptionnelle pour les navigateurs, parce que la cartographie qu’ils possèdent s’améliore perpétuellement !

sonarchart

Les sondes augmentées par les relevés communautaires

Lorsqu’on regarde les différentes captures d’écran proposées pour illustrer cette option, cela semble effectivement séduisant. Cependant, certaines notions du discours m’interrogent : « des données provenant de plusieurs sources »,  « enregistrer ses logs sonar et les charger sur navionics.com ». Je ne peux m’empêcher de me poser la question : quelle est la fiabilité de ces données ? Comment peut-on s’assurer de la justesse du sondeur d’un plaisancier ? Comment peut-on collecter des centaines, voire des milliers, d’enregistrements de sondeurs et les utiliser sans vérification ? Cela me paraît pour le moins surprenant, pour le plus inquiétant. A moins que ce partage communautaire ne dissimule d’autres sources plus… professionnelles ?

Mises à jour des cartes

mises à jour des cartes

tarif 2013

Tarif automne 2013

Navionics+ comprend un abonnement annuel de mise à jour de la cartographie Navionics Marine. Auparavant, les mises à jour étaient gratuites par le système des mises à jour de l’AppStore, et parfois, comme en 2010, par un renouvellement pur et simple de l’application. Et c’est à ce propos que l’on est en droit de déchanter. Il n’est désormais plus possible de mettre à jour le contenu de l’application (la cartographie) sans passer par un abonnement annuel à Navionics+ pour le modeste prix de… 50 € pour iPad et 20 € pour iPhone.

J’ai évoqué à plusieurs reprises dans ce blog la politique commerciale pour le moins versatile de Navionics (²). Cette nouvelle option ne déroge pas à la règle. Le prix de l’application a non seulement sensiblement augmenté depuis son lancement, mais les modules en option (parfois incontournable comme le Nav Module) ont alourdis la note. L’abonnement à Navionics+ pour le simple fait de pouvoir faire les mises à jour, même si on n’est pas concerné par SonarChart, revient à acheter l’application chaque année ! Il y a là quelquechose qui m’échappe.

Comme je l’ai toujours dit et écrit, je reste convaicu de la réelle avance de Navionics pour la qualité et l’exactitude de sa cartographie. Mais concernant les applications Navionics Mobile vendues directement depuis les magasins en ligne, il y a le risque de voir les utilisateurs, dépités par des tarifs en augmentation constante, se détourner vers les cartographies concurrentes.


(¹) Cartographie participative. Voir mon article Navionics Mobile et le partage communautaire.
(²) Navionics ne connait pas la crise. Politique commerciale pour les cartes Navionics.

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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

2 Commentaires

  1. Un relevé des “sondeurs communautaires” me parait une belle utopie dans nos régions à marées. Le vent, sa direction, la pression atmosphérique, il y a tant d’éléments qui rentrent en compte que je ne pense pas que cela soit autre choses que du marketing destiné à générer des ventes. Peut-être pour le positionnement des épaves ?
    A moins de disposer d’un outil informatique extrèmement puissant qui puisse ramener la sonde au niveau du zéro des cartes. Je ne penses pas que cela soit le cas de Navionics quand on voit le temps mis (souvent de très long mois) pour faire figurer des changements importants pour la navigation sur ses cartes comme le port de Roscoff ou la digue de de Port-Louis. Navionics n’a malheureusement de concurrent à l’échelle mondiale.

  2. Et purquoi pas ? Si le log des relevés du sondeur est couplé avec la trace NMEA du gps toutes les infos sont là : position, heure, date. Ensuite des modèles mathématiques permettront d’écarter les erreurs de calibration de certains sondeurs, sachant que la plupart sont suffisamment bien calibrés pour fournir une information utilisable.
    Regardez ce qu’ont fait Waze pour l’info trafic et Open Street Map pour la cartographie… sans parler de Wikipedia. C’est sûr cela est dérangeant car l’information n’a plus le sceau d’un organisme patenté. Mais si le nombre est là, la précision y sera également; c’est statistique.