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Navionics Mobile et le partage communautaire

Une fois n’est pas coutume, je relaye en français une information du blog Panbo qui ne peut qu’intéresser les utilisateurs d’appareils mobiles Apple.

Vous pourrez lire l’article américain intégral “Navionics Mobile, UGC & Plotter Sync” dont je tire ce billet.

Le partage communautaire

  • User Generated Content (Contenu généré par les utilisateurs)
  • Social Mapping ou Social Charting (Cartographie sociale)
  • Crowd Sourcing (Source collective)

Tous ces vocables anglais désignent le même principe : la diffusion à la collectivité d’informations maritimes collectées par chaque utilisateur de logiciel cartographique. En d’autres termes, chaque navigateur peut utiliser son application de navigation pour faire partager à tous des informations sur toute modification constatée par rapport aux cartes marines. Cela peut concerner le balisage, l’érection d’un nouveau quai ou l’apparition de nouveaux pontons dans un port, des infos pratiques sur de nouveaux services portuaires, le positionnement incorrect d’une roche ou encore l’apparition d’un haut fond non cartographié, etc.

Le principe n’est pas nouveau. Aux USA depuis plusieurs années, le charismatique Jeffrey Siegel, fondateur du site Active Captain, prêche pour cette interactivité des navigateurs pour établir des Guides Nautiques mis à jour en permanence par les plaisanciers eux-même.

Giuseppe Carnaveli

Giuseppe Carnevali

Ce qui est nouveau, et que révèle Ben Ellison sur son blog Panbo, c’est l’intégration par Navionics de ce principe dans la version 5.0 de son application Navionics Mobile, actuellement en cours de déploiement sur l’AppStore. C’est le fondateur de Navionics lui-même, Giuseppe Carnevali, qui lui avait récemment démontré son enthousiasme à intéresser les utilisateurs de cartographie Navionics pour partager des données de toutes sortes, dont certaines pourraient être validées et ajoutées à la base de données cartographiques de la société, au grand bénéfice de tous les utilisateurs.

“User Generated Content” par Navionics

 

Community Layer

Avec l'écran communautaire sur ON, les utilisateurs ont accès à tous les UGC. Un "x" rouge indique une suppression, un "+" vert indique un ajout, un point bleu indique une information textuelle.

Navionics Mobile 5 présentera un écran de saisie pour la communauté, qui permettra, à partir de la carte, de saisir des informations et des commentaires, et surtout de positionner des éléments sur la carte qui seront immédiatement visibles pour tous les utilisateurs. Ces éléments sont proposés sous la forme d’une panoplie d’icônes, classées par thèmes, que l’utilisateur pourra positionner sur la carte, puis apporter une description et une information détaillée. Cet “écran communautaire” pourra être activé ou désactivé pour afficher ou non les éléments ajoutés à la carte.

UGC

Les écrans de saisie d'icônes et de rédaction

Révolution ?

“Une révolution dans la cartographie marine commence…
et elle commence avec vous !”

Tel est le slogan affiché par Navionics. Bon. Mais cela soulève quelques interrogations dans mon esprit.

D’abord, j’ai appris à naviguer en faisant une confiance quasi aveugle dans les cartes marines de notre Service Hydrographique national, et j’ai toujours pris soin de les mettre à jour à mesure de la publication des corrections.

En utilisant les cartes Navionics avec MacENC et iNavX, mises à jour seulement tous les 2 ou 3 ans, j’échange la sécurité de mises à jour permanentes (obtenues avec un abonnement aux ENC officielles) contre un rapport qualité/prix imbattable, et surtout une cartographie identique sur tous mes supports (Mac, iPhone, iPad). Même si cette cartographie est réalisée avec le plus grand soin à partir de documents officiels, je reste raisonnablement prudent en les utilisant.

Qu’en sera-t-il, de surcroit, de la confiance à accorder à des informations proposées par des navigateurs inconnus, n’ayant pas plus que moi les compétences d’hydrographes professionnels ? Tant qu’il ne s’agira que d’informations sur des aménagements portuaires, des services ou des points d’intérêt nouveaux, aucune crainte à avoir, les renseignements les plus récents provenant de navigateurs de passage seront les bienvenus.

Mais quand il s’agira de balisage nouveau, déplacé ou absent, de feux nouveaux ou au contraire éteints, du positionnement d’un haut-fond ou d’une roche, ou toute autre information concernant la sécurité des navires, quel crédit pourra-t-on y accorder ? Quel service compétent se déplacera pour vérifier et confirmer l’information, la position exacte, etc.?

Sur sa page Facebook, Navionics répond à cette question de manière plutôt évasive :

“Pour le moment, les contributions des utilisateurs seront enregistrées dans l’écran communautaire. A terme, Navionics envisage de vérifier ces contributions et decider de les implémenter dans les  cartes officielles.”

Je sais que les réseaux sociaux sont à la mode, et cette création en est un bon exemple appliqué à la navigation de plaisance. Malgré tout je reste assez dubitatif sur son réel intérêt pour ce qui concerne la sécurité.

Marketing, ou réelle avancée pour la cartographie ? Le débat est ouvert.

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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

4 Commentaires

  1. J’utilise beaucoup un GPS (TomTom) pour mon travail. Par moment il me positionne à plus de 800 m de la route. Comme si je roulais en plein champs !
    Qu’en est-il pour les GPS marine…
    Je sais bien que je roule sur le bitume même si le GPS se trompe. En mer qui contrôle son GPS ?
    Je n’ai jamais eu d’erreur lors d’entrée dans un port, mais je reste vigilant.
    Bonne nav.
    MacENC
    RV

    • On n’est pas vraiment dans le sujet, mais peu importe. Si le GPS du TomTom décroche en voiture, c’est, soit qu’il n’est pas bien positionné, soit que le pare-brise est un athermique récent qui réduit la réception, soit que le chipset est insuffisant. Comme cette dernière cause semble peu probable (renseignez-vous sur le forum GPS Passion), une des deux autres cause doit être probablement la bonne.
      Concernant les GPS maritimes, quelle que soit la marque, fixes ou portables, ils sont tous aujourd’hui d’une précision redoutable. Pour ce qui concerne les iPhone et iPad, je vous renvoie aux articles détaillés que j’ai rédigés sur le sujet.

  2. M. Fustier, merci de l’intérêt que vous portez à nos applications et de la manière dont vous traitez ce sujet sur votre blog. Juste une précision, toutes les cartes Navionics sont mises à jour tous les ans et non pas tous les 2/3 ans. Du fait du contrat qui nous lie au SHOM nous intégrons au minimum une fois par an toutes les nouvelles cartes et corrections fournies par le SHOM. Pour toutes autres questions, nous restons à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.

    Cordialement

    • Merci à Navionics pour cette rectification qui satisfera sans nul doute les utilisateurs, et merci à eux de visiter ce modeste blog avec réactivité. Il me semble en effet essentiel de délivrer une information la plus juste possible pour faciliter les choix commerciaux des navigateurs.