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Un ordinateur à bord, pour quoi faire ?

C’est la question qui tue. Tout autant que ma réponse : rien !

Je m’explique. En navigation côtière, ça ne sert franchement à rien. L’informatique n’apporte rien à la sécurité, n’apporte guère plus de facilité qu’un GPS classique, ne fait pas gagner de temps. Si on compare le temps nécessaire à reporter le point du GPS sur une carte marine (je ne parle pas de reporter l’estime) au temps perdu devant un écran d’ordinateur à bidouiller tout un tas de fonctions superflues, on constate vite que l’ordinateur à bord est un boulet.

Rien que les heures passées à choisir les matériels, à comprendre les connexions, à résoudre les problèmes d’alimentation électrique, à tout installer, à le faire fonctionner, puis à résoudre les inévitables pannes, on aurait meilleur temps de le consacrer à crocher quelques beaux poissons et à investir le coin cuisine du bateau !

Je vous sens déjà hausser les épaules et penser :

“Il n’est pas bien ce type,
c’est l’hôpital qui se moque de la charité !”

Bien au contraire, je reste simplement lucide.

Des contraintes…

J’adresse ce billet à ceux qui se considèrent eux-même comme des « nuls en informatique » et qui ont parfois la gentillesse de me poser des questions et me demander des conseils. A eux je dis que l’informatique à bord d’un bateau – de plaisance, je précise – n’est pas une fatalité ! Le plaisir de naviguer passe nécessairement par la simplification maximum de la navigation. On a déjà fort à faire avec tout ce qu’il y a au-dessus du pont, gréement, voiles, winches, guindeau, poulies, rails, et j’en passe, pour ne pas encore se compliquer la vie en-dessous du pont.

Quelques cartes marines et guides nautiques, un robuste GPS qui vous donne votre position sans broncher à tout instant, et on garde le plaisir et la sécurité sans les soucis techniques. Et la météo, me direz-vous ? Franchement, 95% des plaisanciers navigant en saison estivale le long des côtes, la météo est disponible tous les matins dans les capitaineries, trois fois par jour à la VHF, et même sur nos téléphones portables. Pas besoin d’ordinateur !

Du luxe

Voir l’icône du bateau se déplacer en temps réel sur une cartes marine affichée sur un écran est un luxe. Je veux dire que c’est le luxe des navigateurs qui n’ont rien d’autre à faire – encore une fois je ne parle que des plaisanciers, pas des professionnels qui ont d’autres impératifs – de leurs journées. Je m’adresse là aux heureux 5% restant des plaisanciers qui naviguent « à plein temps », qu’ils soient en retraite, en congé sabbatique, rentiers ou encore coureurs de haute mer. Cette catégorie, dont je n’ai hélas fait partie qu’à de trop rares moments, a tout le temps de s’équiper d’une informatique embarquée qui pourra lui apporter des facilités pour des navigations lointaines.

… et des avantages

C’est en effet dans le cadre de navigations hauturières que l’informatique prend tout son sens. Si on en a les moyens, pourquoi s’en priver ? On a le temps disponible à consacrer à sa mise en oeuvre. Elle permettra d’obtenir des fichiers météo pour le monde entier, on pourra disposer d’une cartographie mondiale peu encombrante, de prévisions de marées et/ou de courants pour le monde entier, et on pourra régulièrement envoyer des nouvelles, et aussi des photos, à ses proches pour les rassurer. On pourra même en profiter pour rédiger ses péripéties, tenir un petit blog à l’attention des amis, et que sais-je encore.

Par contre, je réfute l’idée répandue qu’on y gagne en sécurité. C’est faux. Seule une balise de détresse officiellement référencée peut déclancher des secours appropriés et efficaces en cas de sinistre. Ni internet, ni un téléphone Iridium ne le feront. Sauf peut-être à alerter en cas d’agression sur une zone précise une association comme STW qui relayera l’information.

Dans un billet précédent j’évoquais le rapport Besoin/Prix pour le choix d’un système informatique. Ici je crois qu’il faut établir, avant de se lancer, le rapport Avantages/Contraintes : quels avantages je compte en retirer en rapport avec la somme des soucis que cela va me causer. Ce rapport est d’autant plus crucial à résoudre pour ceux qui se considèrent comme des « nuls en informatique ».

Ane marin

Qui ça, moi ?


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Auteur : Francis

Depuis 2009 formateur conseil indépendant en informatique pour la navigation de plaisance. Traducteur de plusieurs applications de navigation sous iOS et MacOS. Professionnel de la navigation de plaisance pendant plus de 25 ans, je dispense de la formation aux applications ainsi que du conseil et de l'assistance pour l'intégration des appareils mobiles (tablettes, smartphones) à bord des bateaux de plaisance.

Un Commentaire

  1. C’est tellement vrai!
    J’ai dépensé des trésors d’énergie à faire fonctionner tout ce bidule
    sans parler du budget, pour une efficacité réduite à une ou deux arrivées de nuit
    et trois ou quatre traversées d’une centaine de miles, ou l’estime classique était amplement suffisante auparavant
    Mais la passion de la nav. vous entraîne plus loin que nécessaire.